Depuis 2012, un revêtement de sol, une peinture ou une cloison vendue en France affiche une étiquette allant de A+ à C, selon son niveau d’émission de substances volatiles dans l’air intérieur.
Une obligation réglementaire depuis 2012
L’étiquetage sanitaire des matériaux de construction et de décoration est obligatoire depuis le 1er septembre 2012 en France. Il concerne les revêtements de sol, de mur et de plafond, les cloisons, les peintures et vernis destinés au grand public. L’objectif est d’informer l’acheteur, avant l’achat, sur le niveau d’émission de dix substances mesurées dans des conditions de test normalisées en laboratoire.
Cette étiquette reprend une échelle allant de A+, le niveau d’émission le plus faible, à C, le plus élevé, en passant par A et B. Elle doit être visible directement sur le produit ou son emballage, sans nécessiter de recherche complémentaire de la part du consommateur au moment de l’achat.
Dix substances mesurées, une durée d’émission précisée
Les dix substances mesurées comprennent notamment le formaldéhyde et le toluène, deux composés organiques volatils que l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur retrouve fréquemment associés aux matériaux de construction et de décoration dans ses campagnes de mesure. La mesure s’effectue en laboratoire, dans une chambre d’essai normalisée, à trois et vingt-huit jours après la pose, ce qui permet d’estimer l’émission dans la durée plutôt qu’à un instant isolé.
Cette double mesure a son importance : certains matériaux émettent surtout dans les premiers jours suivant la pose, d’autres de façon plus régulière sur plusieurs semaines. Aérer davantage un logement dans les jours qui suivent des travaux limite l’exposition à ce pic initial d’émission.
Ce que l’étiquette ne couvre pas
L’obligation d’étiquetage s’arrête aux matériaux de construction et de décoration visés par le décret : elle ne s’applique ni aux meubles, ni aux produits d’entretien, ni aux parfums d’intérieur, qui peuvent pourtant contribuer tout autant à la qualité de l’air d’un logement. Un salon entièrement décoré avec des matériaux classés A+ peut malgré tout contenir des sources d’émission non couvertes par cette réglementation spécifique.
L’étiquette ne mesure pas non plus l’effet cumulé de plusieurs matériaux posés ensemble dans une même pièce, ni les émissions liées à l’entretien ou au vieillissement du matériau après plusieurs années d’usage quotidien.
Lire l’étiquette au moment du choix, pas après la pose
L’étiquette se consulte avant l’achat, directement en magasin ou sur la fiche produit en ligne, alors que la comparaison entre plusieurs références est encore possible. Une fois le matériau posé, revenir en arrière n’a plus grand sens : c’est donc au moment du choix, entre deux revêtements de sol ou deux peintures proches en prix et en aspect, que cette information prend toute sa valeur pratique.
Pour un chantier qui touche plusieurs surfaces à la fois — sol, murs, plafond — privilégier des matériaux classés A+ sur l’ensemble limite la charge globale d’émission dans la pièce concernée, alors qu’un seul matériau bien classé au milieu de plusieurs autres moins bien notés ne suffit pas à compenser l’ensemble.
Un repère utile, mais pas une garantie d’air parfaitement sain
Un logement entièrement rénové avec des matériaux classés A+ reste soumis à d’autres sources d’émission non couvertes par cette étiquette : mobilier, produits d’entretien, activités quotidiennes. L’étiquette réduit une part du risque lié aux matériaux eux-mêmes, elle ne remplace pas les autres gestes qui, ensemble, déterminent la qualité de l’air d’un logement au quotidien.
Le mobilier neuf, notamment les panneaux de bois aggloméré collés à la colle contenant du formaldéhyde, échappe totalement à cette étiquette réglementaire alors qu’il peut représenter une source d’émission comparable à celle d’un revêtement de sol mal classé. Cette différence d’encadrement entre deux catégories de produits proches, l’une réglementée et l’autre non, illustre bien les limites d’un dispositif construit progressivement, catégorie par catégorie, plutôt que d’un seul bloc.
| Classe | Niveau d’émission |
|---|---|
| A+ | Très faible |
| A | Faible |
| B | Moyen |
| C | Élevé |
Choisir un matériau classé A+ reste une précaution utile au moment des travaux, à compléter par une aération renforcée pendant les premières semaines suivant la pose. Cette vigilance rejoint celle que nous portons à la lecture des étiquettes cosmétiques, dans notre rubrique Soin & Cosmétique, où la même logique de lecture attentive s’applique à un autre type de produit du quotidien.




